Comment la psychanalyse…

Un patient vient de quitter mon cabinet après sa séance hebdomadaire, bravant la pluie en cette après-midi de veille de 1er Mai. Une nouvelle fois, je découvre ou plutôt redécouvre le fonctionnement de la psychanalyse. N’en déplaise à ses détracteurs, les mots « guérissent ». En le regardant partir, il me revenait cette phrase de Claudel : « Les mots sont les fragments découpés d’un ensemble qui leur est antérieur ». En analyse, le patient qui ose s’écouter, par le biais des mots, qu’il cisèle, dit, redit, reprend, retisse les blancs de ses incompréhensions. Quand ceux-ci sont les justes, il se crée comme une musique qui permet de nouveau à la vie de se dérouler, là, précisément où elle s’était figée. Il y a chaque fois une grande émotion chez moi, lorsque le patient se remet à marcher. « Les mots sont les passants mystérieux de l’âme » disait aussi Hugo.img051

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Une cinquième bonne raison d’aller voir un psychanalyste : le deuil

Il y a vingt ans, Françoise a perdu sa fille aînée Laura qui était encore adolescente. Depuis, rien n’a changé dans la vie de Françoise. La chambre de Laura est toujours intacte, malgré deux déménagements : son armoire, ses étagères, ses livres. Quelque chose s’est arrêté depuis ce drame.

Une quatrième bonne raison d’aller voir un psychanalyste : la souffrance au travail

Arnaud a la quarantaine et cela fait déjà quelque temps qu’au travail ce n’est plus cela. Chaque matin il a le sentiment d’être au pied d’une montagne qu’il devra déplacer… sans succès. Maëlle se demande pourquoi elle s’acharne dans le milieu médical, car elle n’y rencontre que de l’adversité. Elle finit par penser que son impossibilité à envisager un autre avenir pour elle, serait le fruit d’une fidélité familiale à son père médecin. Quant à Louis, il va de petits boulots en petits boulots et ne s’imagine pas un seul instant capable de gagner plus que le smic…img020

Salon du Bien-Être : merci à toutes celles et tous ceux qui se sont arrêté(e)s sur mon stand !

Vous avez été nombreuses et nombreux à vous arrêter sur mon stand ce Samedi 6 Avril 2013, lors du Salon du Bien-Être à ROISSY-EN-BRIE (77). J’ai beaucoup aimé votre accueil et vos enrichissantes questions. Passé l’étonnement de rencontrer un psychanalyste sur ce Salon, vous avez été très pertinent(e)s quant à vos interrogations. Parmi celles-ci, j’ai retenu : quelle est la durée d’une séance ? Y a-t-il un âge pour démarrer une psychanalyse ? Est-ce que cela peut m’aider à supporter la perte de mon emploi ? Ma femme a subi une grave opération dont elle ne se remet pas moralement, peut-elle venir vous voir ? Combien coûte une séance, j’ai entendu parler de plus de 100 € le quart d’heure ? Je n’arrive pas à faire le deuil de mon arrière-petit-fils, vous pensez pouvoir faire quelque chose pour moi ? Je manque terriblement de confiance en moi, pouvez-vous m’aider ? Je n’arrive pas à aimer, la psychanalyse est-elle une réponse ? Salon 2

Oser pousser la porte d’un(e) psychanalyste…

img378Parfois, c’est un(e) ami(e) qui nous susurre : « Et si tu allais voir quelqu’un… ». C’est souvent un médecin généraliste qui propose : « Je connais quelqu’un qui pourrait vous aider… ». Ou encore, c’est une petite carte découverte sur la table de la médiathèque de sa ville…

Il se peut que cela prenne encore un peu de temps avant que la décision soit prise. « Je vais bien finir par m’en sortir tout(e) seul(e)… » ; « Je ne vais quand même pas m’écouter… »

Et puis, un jour, la sensation que notre vie ne peut plus continuer comme cela… Et nous osons attraper le téléphone pour prendre un rendez-vous… C’est à ce moment précis que notre vie recircule en nous. Un peu comme si la moitié du chemin était faite…

 

Pourquoi la psychanalyse ?

La psychanalyse est une thérapie par le langage. Les Français consomment énormément de psychotropes, là où parfois, pourtant, les mots pourraient suffire. Comment une thérapie par les mots peut-elle être possible ? Tout simplement, parce que ce sont les mots, ou plutôt l’absence de mots ou de compréhension de ceux-ci qui ont crée notre malaise, notre mal-être.

Pourquoi ? Parce que le petit d’homme a un début de vie tout à fait à part dans le règne animal des mammifères. Là où le girafon, le poulain ou le veau se dressent sur leurs pattes à peine nés, il faut au jeune humain des mois et des mois, pour ne pas dire des années, avant d’acquérir son autonomie.

Oui, il y a pour chacun d’entre nous, une préhistoire. Une période au cours de laquelle, nous n’avons pas compris grand-chose, une période au cours de laquelle nous sommes allés parfois d’incompréhension en incompréhension (« Pourquoi me donne-t-on à boire alors que j’ai faim ? » ; « Pourquoi me donne-t-on à manger alors que j’ai mal ? »), et d’interprétation en interprétation (« Qui est ce monsieur là dans mon dos ?… mon père… mais alors je ne suis pas le seul et unique amour de ma mère… ? »).

Cette période de la toute petite enfance est une période où l’on pense pour nous, où l’on projette sur nous et parfois cela laisse des traces. Des traces que la psychanalyse permet de remettre en mots, de fluidifier pour rendre de nouveau la vie possible, la vie paisible.

Et puis, l’existence est faite de difficultés qu’à un moment donné on n’a pas pu, pas su, seul(e), surmonter : la perte d’un être cher, une douleur physique qui ne passe pas malgré tous les examens médicaux possibles et imaginables, une souffrance au travail qu’on ne parvient plus à surmonter, des échecs scolaires successifs, un comportement qu’on ne comprend pas (addiction par exemple), une agression, un chagrin d’amour…

Enfin, bien que la psychanalyse ait presque un siècle et demi, elle n’a jamais été autant d’actualité. Notre société prône le développement durable. La psychanalyse a toute sa place dans la dimension humaine de ce développement. Cette thérapie est une rencontre entre deux êtres qui font le choix de cheminer ensemble sur le chemin d’une meilleure connaissance de soi, d’une meilleure compréhension de soi. C’est aussi un lieu dans lequel on peut se poser au cours d’une vie trépidante, parfois secouante, en prenant le temps (enfin !) de s’écouter.

Franck GIRARD, Psychanalyste

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